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Etat des eaux de surface sur le territoire de la MUFA 15.06


Ce 15 juin 2021, à l'occasion d'une matinée d'échange sur la thématique de la Gestion des eaux, mesdames Christine Heinesch, Stéphanie Dessy et Cécile Pironet des Contrats de rivière Amblève, Lesse et Ourthe sont venues présenter l’État des eaux de surface sur le territoire de la MUFA.

Il est à noter que les inondations survenues un mois plus tard ont dégradé celles-ci (STEP non fonctionnelles, déversement de mazout et autres produits chimiques). Des évaluations sont en cours afin d'en mesurer l'ampleur.

Pour rappel, le Contrat de rivière (CR) est une structure de gestion participative dont le but est de rassembler tous les acteurs de la rivière pour mettre en place une gestion intégrée du bassin versant et de favoriser à l’échelle locale la mise en œuvre des objectifs de la Directive - Cadre sur l'Eau (DCE) et des Plans de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI). Les partenaires des CR s’inscrivent volontairement dans cette démarche. Ils forment trois grands groupes d’acteurs :  

  • La Wallonie dont le SPW ARNE (Agriculture, Ressources naturelles et Environnement - anciennement DGARNE), le SPW TLPE (Territoire, Logement, Patrimoine, Énergie - anciennement DGO4) et le SPW Mobilité et Infrastructures (anciennement DGO1)
  • Les Provinces et communes
  • Les acteurs locaux : sociétés de pêche, acteurs environnementaux, opérateurs touristiques, spéléologues, les représentants du monde agricole, les intercommunales, les agriculteurs, les entreprises carrières, les sociétés de kayak,…

 CR 1

Au niveau de la Wallonie, on voit que 96 % du territoire Wallon est couvert par un Contrat de rivière. En orange, la limite du territoire de la MUFA. Toutes les communes partenaires de la MUFA sont partenaires d’un ou deux CR.

CR 2

Les principales missions des CR sont la coordination entre les acteurs de l’eau, l’inventaire des atteintes aux cours d’eau, la concertation, le soutien aux partenaires pour réaliser leurs actions et la sensibilisation (grand public, scolaire, partenaires).

Les inventaires

Les inventaires par sous-bassins sont réalisés au plus près des cours d’eau, sur une application appelée FULCRUM. L’encodage de terrain se fait en direct et est consultable en ligne pour tous les partenaires au moyen d’un login et d’un mot de passe.  

Dans cet inventaire sont notamment reprises les atteintes aux cours d’eau telles que l’érosion par le bétail, la présence de plantes invasives exotiques (renouée du Japon, balsamine de l’Himalaya ou la berce du Caucase), la présence de rejets, les ouvrages d’art obstacle à la circulation des poissons, les aménagements de berges abimés ou les dépôts de déchets le long des cours d’eau. 

La résolution de ces points noirs se fait à la demande des partenaires par des rencontres, la constitution de groupes de travail par problématique ou par thématique, l’organisation ou la participation de réunions de concertation et par une aide à la résolution.

La qualité des eaux

La qualité des eaux est mesurée à l’exutoire des masses d’eau. Ces données sont transmises à l’Europe. A l’échelle des masses d’eau le territoire de la MUFA est plutôt dans les bons élèves en Wallonie grâce notamment à la plus faible densité de population.

La masse d’eau est l’unité de mesure de référence de l’Europe. L’objectif est de maintenir un bon état écologique et un bon état chimique de ces masses d’eau (MESU).

CR 3

Cette carte représente l’état écologique des 352 masses d’eau de surface en Wallonie (2013-2018) établie sur base de trois critères :

CR 4

Sur le territoire de la MUFA, la majorité des masses d’eau sont en bon état, certaines très bon et quelques masses moyen ou mauvais.

CR 5

Cette carte représente l’état chimique des 352 masses d’eau de surface en Wallonie (2013-2018) évalué en prenant en compte les normes de qualité environnementale relatives à 53 substances prioritaires.

Les zones les plus impactées négativement se trouvent dans le Nord-Ouest de la Wallonie.

CR 6

L’état chimique des eaux de surfaces du territoire de la MUFA est principalement bon à part quelques masses d’eau déclassées en raison de la présence de certaines substances.

En général, d’après l’État de l’environnement Wallon, 2020, les facteurs qui expliquent le mauvais état des MESU sont essentiellement liés aux activités domestiques et de services (assainissement insuffisant des eaux usées), aux activités agricoles (nitrates, pesticides) et aux activités industrielles. 

Les paramètres qui déclassent principalement les MESU sont l’azote et le phosphore, la DCO (demande chimique en oxygène reflétant les teneurs en matières oxydables comme la matière organique) et les matières en suspension.

Et à l’échelle locale ?

Si la qualité de l’eau est bonne à l’exutoire, localement, la qualité de l’eau peut être désastreuse. Il n’est donc pas étonnant d’avoir des riverains qui se plaignent d’odeurs ou des agriculteurs qui n’apprécient pas d’avoir des eaux usées qui se déversent dans leurs champs.

Dans les inventaires de terrain, les CR localisent divers problèmes dus notamment à des rejets d’eaux usées (relevé non exhaustif). Ceux-ci sont répartis sur l’ensemble du territoire et donc également dans les masses d’eau de bonne à très bonne qualité, tant en zone d’assainissement collectif dont les égouts sont collectés vers une station d’épuration ou pas encore, qu’en zone d’assainissement autonome.

CR 7

Sur le territoire de la MUFA, les points rouges concernent les rejets les plus problématiques. Ils sont donc répartis partout dans les masses d’eau de bonne qualité ou non.

Ces rejets proviennent d’habitations, d’entreprises ou d’exploitations agricoles. Ils sont situés en zone d’assainissement collectif égouttée et reliée à une station d’épuration (step) où des habitations ne sont pas raccordées ou proviennent de déversoirs d’orages. En zone d’assainissement collectif (ZAC) égouttée mais où il n’y a pas de step, le tuyau arrive directement dans la rivière. En zone d’assainissement autonome (ZAA), les problèmes proviennent principalement des anciennes habitations mais également des nouvelles !

Quelques exemples

  • ZAC égouttée avec step existante mais il reste un rejet sur le cours d’eau qui pourrait être repris à l’égouttage. C’est souvent le cas quand les habitations rejettent leurs eaux usées vers l’arrière, vers la rivière, alors que les égouts sont posés en voirie, à l’avant.

CR 8

  • ZAC avec step et égouttage à venir. Les habitations sont reliées aux aqueducs de voiries avec leurs eaux usées non diluées.

CR 9

  • ZAA dans laquelle les habitations rejettent dans les aqueducs de voirie mais les anciennes habitations n’ont aucune obligation d’épuration et y rejettent leurs eaux usées.

CR 20

  • ZAA, toutes les habitations sont récentes et devraient être équipées d’une step individuelle, pourtant on constate un/des rejet(s) en contrebas

CR 21

  • ZAC où lorsqu’il y a de grosses précipitations, une grande partie des eaux étant reprises dans le système d’égouttage, la step sature et en dévie une partie dans le cours d’eau. D’où l’importance de l’a hiérarchisation de l’évacuation des eaux pluviales. 

CR 22

Comment agir en tant que service d’urbanisme ?

Pour les permis, se référer à la brochure  Assainissement des eaux urbaines résiduaires Mémento à l’usage des agents communaux, Idélux-Eau, Décembre 2020 et notamment l’ordinogramme en page 23 et être attentif aux systèmes décrits et demander plus que  la mention « vers SEI ». Il faudrait aussi vérifier le placement et le dépôt de la déclaration de classe 3 pour chaque permis octroyé.

Avec le CertIBEau et la Gestion Publique d’Assainissement Autonome (GPAA), il y aura plus  de possibilité de vérification que tout est en ordre…

Par contre pour les anciennes habitations c’est un peu plus compliqué. En ZAC effective, branché à une step, il faut vérifier le raccordement aux égouts lorsqu’ils sont placés. Les communes doivent avoir un cadastre à jour des raccordements. Il est important aussi de supprimer les eaux claires parasites (drains périphériques, sources…) pour que les déversoirs d’orage fonctionnent le moins possible.

En ZAA, définir les points noirs ou on peut obliger les propriétaires à installer une SEI et avoir accès aux primes. Informer et sensibiliser même là où un SEI n’est pas obligatoire. Conseiller le placement d’un SEI notamment dans le cas de rejets au cours d’eau générant des odeurs. Bien mettre en place la GPAA.

Pour tout le monde, il est important de rappeler le rôle des aqueducs de voirie destinés aux eaux de voiries ou aux eaux de pluies autorisées. Pousser à la gestion des eaux pluviales à la parcelle. Enfin, conseiller la demande d’un CertIBEau !

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