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Conférence La Culture à l’église !

Conférence La Culture à l’église !


Nos églises sont en péril ! Sont-elles trop nombreuses pour l’usage que l’on en fait ? Comment les préserver de l’abandon, de la dégradation, du vol ? Pouvoirs publics, fabriciens, citoyens croyants ou non, nous sommes tous concernés par le sort des églises. Et si la solution venait de la diversification des usages ? C’est ce à quoi Laurence Louis, Historienne de l’art et muséographe,  a tenté de répondre durant sa conférence La culture à l’église proposée ce 6 mai par le Centre Culturel Stavelot Trois-Pont et l’asbl Musée de Wanne, et que nous vous résumons ici.

Posté par : mufa
Date :mai 6, 2021

Les spécificités d’une église

Une église est un lieu sacré par sa liturgie ou par des éléments tangibles qui la constituent tels que sa pierre consacrée, l’usage de l’encens ou ses rites. Selon le Code de droit canonique, c’est un lieu qui a reçu une dédicace ou pour le concile de Vatican II, la sacralité est dans la communauté chrétienne, lors de l’eucharistie. 

Ses fonctions sont multiples : lieu d’expression de la foi, espace de méditation, lieu de sociabilité, marqueur d’identité associé aux temps forts de générations familiales (baptêmes, mariages, enterrements),… Mais nos églises jouent également un rôle urbanistique comme éléments qui occupent une place stratégique et qui structurent nos villes et villages. Elles sont souvent un point de repère visible de loin et sont un témoin de l’art et de l’histoire, sorte de concentré de savoir-faire d’une ou plusieurs époques dont la plus-value patrimoniale n’est pas négligeable. Pourrions-nous imaginer le paysage de notre territoire du Nord-Luxembourg sans ces édifices ?

Valoriser le patrimoine in situ

Prendre soin de nos églises, c’est tout d’abord les entretenir et conserver ce patrimoine immobilier et mobilier.  Le propriétaire peut envisager la réalisation d’un diagnostic de l’état sanitaire de son bien lui permettant d’envisager et de planifier les éventuelles interventions. En Flandre, le Monumentenwacht propose ses services qui vont du diagnostic, aux  recommandations, aux  inspections régulières pour un coût raisonnable.

L’observation, l’entretien régulier et la pratique de travaux de maintenance préventifs et curatifs du bâtiment et de son mobilier vont permettre de limiter les dégradations. Des gestes réguliers peuvent être adoptés : nettoyer, dépoussiérer le mobilier, aérer, vérifier le taux d’humidité de l’édifice,... L’usage d’un cahier de maintenance peut également être utile.

A l’église Saint-Sauveur d’Aubagne (Bouches-du-Rhône, France), suite aux études menées par l’entomologiste du Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine, une vaste campagne de traitement des boiseries menée par l’entreprise ATH (Agro Techmo Hygiène) a permis d’assurer la sauvegarde de ce patrimoine.

Bien qu’il soit communément admis que plus une église est ouverte et occupée, moins elle est l’objet de vol et de dégradations, le patrimoine mobilier d’intérêt doit faire l’objet de mesures de sécurisations : fixer les statues et tableaux, installer un système d’alarme, des caméras, …

Enfin, chaque édifice devrait avoir un inventaire à jour. Les Fabriques d’églises peuvent notamment être aidées par le Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux (CIPAR). Cette ASBL fondée par les évêchés de Tournai, de Namur, de Liège et le vicariat du Brabant Wallon a pour but de coordonner leurs efforts en matière de protection, de conservation et de valorisation du patrimoine religieux.  Des partenariats avec des Musées ou des associations peuvent être organisés pour former les fabriciens ou des bénévoles  aux techniques d’inventaire, de manipulation des objets, …

Astuces pour valoriser le patrimoine

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Tout d’abord, la restauration en elle-même est un moyen de valoriser l’édifice et/ou son mobilier. Ces interventions souvent légères et ponctuelles peuvent faire l’objet d’une réflexion plus profonde. Laurence Louis insiste d’ailleurs sur le fait que bien que le coût sois parfois décourageant, il faut oser faire appel à des professionnels des musées qui savent mettre en valeur et protéger les biens. Des partenariats vont parfois permettre de diminuer ce coût comme l’Institut du Patrimoine Artistique (IRPA) ou encore le Musée du couvent Sainte-Catherine à Utrecht qui restaure les œuvres à condition de les garder pour 25 ans. Les Fabriques d’églises peuvent également restaurer par étapes, lever une récolte de fonds par exemple via la Fondation Roi Baudoin, proposer des activités culturelles autour d’un projet de restauration ou encore chercher les concours et les prix pour la restauration, l’entretien ou la réhabilitation d’un bien, comme cela a été le cas pour la chapelle de Jodoigne lors des Europa Nostra Awards 2013.

Les vitraux de la chapelle des Franciscains à Deauville (Calvados, France), inscrits à l’inventaire général du patrimoine.

Le discours et les informations à destination des usagers doit également être adapté. Le paroissien autant que le touriste de passage doit y retrouver son compte.

Au niveau touristique, on constate souvent un contenu trop dense, lourd, peu hiérarchisé et peu ludique. A nouveau, il est important de faire appel à des spécialistes (historiens, historiens de l’art, muséologues, artistes, …)  afin de toucher un public précis avec une approche particulière. Il ne faut pas hésiter à alléger les textes, renforcer les visuels, proposer des jeux ou encore oser entrer dans des réflexions plus philosophiques…

C’est le cas de l’église Saint-Gorgon de Varangéville (Meurthe-et-Moselle, France), propose des panneaux d’information avec des informations à destination des usagers.

L’accueil peut commencer dès l’extérieur de l’église par des supports qui donnent envie d’aller plus loin, de partir à la découverte ou qui suscitent le questionnement.

Un mobilier plus créatif, une gestion adaptée des éclairages ou des supports didactiques (Document d’accompagnement, QR-Code, maquettes,…) pourront aussi susciter la découverte, rendre le visiteur actif, le questionner, induire un sens de visite, ou proposes des focus …

 A la Cathédrale de Berne (Suisse), des cylindres rétroéclairés permettent d’avoir des textes et illustrations supplémentaires de visite.

A la Cathédrale basilique Saint-Denis à Paris (France) des plans et maquettes permettent une visite plus didactique de l’édifice.

6 Enfin, les gestionnaires du site peuvent également proposer toutes sortes d’animations du lieu en allant de la visite guidée par des bénévoles au spectacle son et lumière en passant par des actions telles que #JumpForHeritage qui proposait de se photographier devant une église pour faire redécouvrir le patrimoine religieux au jeune public, le concours-photo sur les représentations d’animaux dans les églises proposé par Églises ouvertes. Il y a encore cette  initiative née en France il y a quelques années et menée par Nanou Bouillet et une équipe de passionnés d'histoire et d'histoire de l'art, qui ont développé un guide de savoir et de savoir être et une méthode pédagogique pour que les ados deviennent à leur tour Jeunes ambassadeurs du patrimoine.

A l’Abbaye de Daoulas (Finistère, France), un atelier Des photos et des mots a été  proposé aux jeunes de 15 à 18 ans. A travers la production d’œuvres photographiques, cet atelier veut aider les jeunes à reprendre confiance et à trouver une place pour une meilleure reconnaissance sociale.

Enfin, un tout bel exemple est certainement celui de la Nuit des églises qui pendant près d’une semaine propose une programmation extrêmement variée à destination des chrétiens et des laïques :  veillée aux chandelles, escape-game, visite en musique, procession au flambeaux, illumination des vitraux, concert de cors de chasse, rallye d’église en église, verre de l’amitié, lecture de contes, chasse aux trésors, reconstitution de l’adoubement d’un chevalier templier, lâcher de lanterne, confection de bouquets de fleurs liturgiques, …

Entre culte et culture : usages partagés

La culture, c’est également celle que l’on invite à l’église, qu’elle soit matérielle (œuvre d’art) ou immatérielle (concert, conférence,…) et qui apporte son lot de contraintes symboliques, techniques, juridiques, financières, etc. Bien que les églises soient des lieux privilégiés pour ces activités culturelles certains craignent que le culturel ne prenne le pas sur le cultuel !

L’avis des pouvoirs religieux est clair à ce sujet. Ces organisations sont cadrées par le code de droit canonique, « L’Ordinaire peut permettre occasionnellement d’autres usages qui ne soient pourtant pas contraires à la sainteté du lieu ». Les églises peuvent s’ouvrir à d’autres affectations pour rendre service à la population et il serait impossible, à terme, de maintenir toutes les églises uniquement affectées au Culte. Néanmoins, les projets culturels et sociaux seraient privilégiés.

Le culte et la culture ont toujours eu des liens privilégiés. L’Eglise comme commanditaire et l’église comme vitrine de la succession des styles artistiques et du savoir-faire des artistes et des artisans. Pour Vatican II, les arts sont d’ailleurs le moyen de montrer le divin à travers la beauté et plus récemment, le 13 mars 2021, l’Abbé Michel Teheux rapprochait la spiritualité et les arts dans un discours chargé d’une symbolique lors de l’événement Still standing for culture à l’église saint-pierre de Huy !

L’origine de l’art contemporain dans les églises remonte aux années 50. Cela ne s’est pas fait sans mal avec la crainte, pour certains  que les églises deviennent des galeries d’art monopolisé par des artistes laïcs.

Fin 20e et début 21e s., c’est le début des polémiques. Les commandes d’Etat des années 80 veulent donner de la visibilité aux artistes locaux et nationaux. Le non figuratif permettrait de se rapprocher d’un art plus immatériel. Certaines propositions se veulent minimalistes comme les vitraux réalisés par Matisse pour la chapelle du Rosaire à Vence alors que d’autres sont plus provocantes :

L’aménagement de l’église Saint-Prim d’Ishère par Claude Rutault (2004) qui a proposé des stores de couleurs à la place des vitraux ou qui a mise en peinture le chemin de croix ton sur ton.

Dans l’église Saint-Eustache de Paris (France), les œuvres Heaven de Philippe Perrin réalisée en 2006 pour la Nuit Blanche à Paris est une gigantesque couronne de fil barbelé et l’installation de piliers d’aluminium de Kees Visser qui dialoguait avec les tuyaux de l’orgue mais, placée à l’entrée de la nef,  entravait le bon déroulement des cérémonies religieuses…

Ces exemples ont marqué les esprits… Malgré tout, le clergé a continué d’accueillir l’art à l’église pour de multiples raisons : par devoir d’hospitalité, pour être ouvert à l’art de son temps, pour interpeller de nouveaux publics, afin de demander des subventions pour la restauration de l’édifice, …

Ces exemples nous montrent à quel point l‘écoute des différents partis et la prise en compte de la spécificité du lieu est importante. A Caen, en 2019, l’idée de faire appel à un médiateur pour organiser un événement culturel dans une église a même émergé… Mais qui est suffisamment neutre pour endosser ce rôle ?

D’autres collaborations sont plus réussies. Aujourd’hui cela se passe mieux, les artistes sont enthousiastes et prennent mieux en compte les usagers, les fonctions, la symbolique du lieu et composent avec le patrimoine, …

9C’est le cas lors d’événements ponctuels comme l’installation des toiles abstraites de Pierre Debatty à la cathédrale Saint-Michel et Gudule de Bruxelles qui s’intègrent pleinement dans le lieu patrimonial et la symbolique de Pâques avec l’éclaircissement des toiles vers le chœur pour évoquer la résurrection.

Un autre exemple est celui des Noëls des cathédrales mis en place lors des Nocturnales. A cette occasion, des cathédrales deviennent le décor monumental et féérique animés par des danseurs acrobates, jongleurs, vidéo-mapping, laser qui subliment les détails architecturaux pour illustrer des contes de Noël. Ces spectacles mêlent un sujet cohérent avec le lieu.

Les propositions peuvent également venir d’associations comme cela a été le cas dans le Morbihan avec le festival ‘L’art dans les chapelles’ qui propose des installations d’art contemporain dans des chapelles encore sacralisées du territoire. L’association encourage les artistes à dialoguer avec l’espace. Les installations doivent être réversibles. Ce festival a en outre le mérite de mettre en réseau de nombreux partenaires locaux : la presse, les secteurs du tourisme, de l’art,… Les bénéfices ont permis de restaurer de nombreuses chapelles du Morbihan.

Moins loin, dans l’église Saint-Pierre de Xhignesse (Hamoir, prov. de Liège), l’asbl  ASBL Lieux communs, opérateur d’art contemporain a proposé dans son exposition ‘Le voyage à Xhignesse’ que les artistes s’inspirent de son histoire et de son architecture pour réaliser leurs œuvres. Parfois, l’intégration est telle qu’il est difficile de distinguer le patrimoine de  l’église des œuvres présentées temporairement.

Une autre piste est celle des usages partagés pérennes.  L’exemple le plus ancien de collaboration entre culturel et cultuel  est probablement celui de la Kunst-Station de l’église Saint-Pierre de Cologne. Depuis 1987, l’église restaurée accueille un espace partagé entre culte et culture contemporaine, sorte de laboratoire pour créer des nouveaux liens entre culturel et cultuel. Un comité sélectionne les artistes, cadre leur travail et les accompagne dans leur production. L’idée est de se servir de l’art pour se questionner le lien à l’autre. Chaque dimanche le célébrant s’inspire des œuvres pour enrichir son discours.

Plus proche de chez nous, à la chapelle Notre-Dame du Marché de Jodoigne (prov. du Brabant Wallon). Dans les années 80, les bénévoles parviennent à convaincre les autorités de restaurer la chapelle pour poursuivre leurs activités. La Région wallonne, la Ville de Jodoigne, la Fabrique d’église ainsi que la Province s’associent pour sauvegarder ce monument, le faire partiellement désaffecter (une première en Belgique) et organiser un comité de gestion chargé de l’articulation et du bon fonctionnement entre le cultuel et le culturel. Réouverte en 2011, la chapelle propose aujourd’hui un espace culturel équipé d’une tribune télescopique, de cimaises et de tout un équipement technique de son et lumière discret permettant de développer un programme varié. Une mention spéciale sera décernée à cette réalisation par le jury des Europa Nostra Awards 2013 !

Une nouvelle vie pour les églises désacralisées

Dans le cas ou le lieu est déserté, on peut réfléchir à une nouvelle affectation. Il existe des exemples de boite de nuit, de garage, de salle de fitness mais ce ne sont pas les exemples les plus courants. En général, lorsqu’une vente a lieu, les élus vont accompagner celle-ci. Le Code du droit canonique propose que les usages profanes ne soit pas « inconvenants ». Lors d’un Congrès à Rome sur la désaffectation des églises, le pape a également parlé de la possibilité de donner un objet social aux anciens édifices religieux. C’est notamment le cas en Allemange ou en Italie, où des repas solidaires prennent place dans la nef !

Des projets culturels et sociaux

L’église devenant un musée, c’est-à-dire un lieu publique d’éducation par la culture, est une idée assez bien acceptée par la population. Un très bel exemple est par exemple celui du Musée de la ferronnerie Le Secq des Tourelles qui expose depuis 1921 la collection de ferronnerie amassée par Jean-Louis-Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) dans l'ancienne église Saint-Laurent à Rouen.

A Neder-Over-Heembeek, l’ancienne petite église de Saint Nicolas est devenue après sa désacralisation en 1939, le lieu de nombreuses activités culturelles initiées par les habitants. Récemment rénovée par la Ville de Bruxelles, l’ancienne église fait partie de la Maison de la création  assure le rôle de centre culturel de proximité ! L’édifice propose de grands espaces pour des activités de groupe. L’idée vient d’un collectif d’artiste ayant pour objectif la cohésion sociale par des projets socio-artistiques pour faire face aux conflits entre les différents communautés et générations du quartier…

16A Billemont (Dugny-sur-Meuse, France), la chapelle faisait partie d’un ensemble résidentiel édifié dans les années 1950 pour loger les ouvriers des fours à chaux de l’usine sidérurgique de l’entreprise USINOR.  Suite à l’intervention  de la fille du maître verrier qui a conçu les vitraux de la chapelle, un projet de restauration et de réaffectation de l’édifice a vu le jour.  En 2016, le Conservatoire de Traditions Meusiennes est inauguré et accueille un fond documentaire et propose un espace destiné aux moments festifs. L’ensemble est géré par un Comité scientifique qui valide les événements en concertation avec le propriétaire. Ce projet est une réussite car il a su préserver l’histoire du village, son âme et son dynamisme…

L’ancienne église Saint-Louis de Tourcoing est également un projet exemplaire de Centre culturel alliant la préservation et la valorisation du patrimoine, l’échange de savoir-faire, un lieu de dégustation de bière, etc.  En 2009, Silvany Hoarau, compagnon couvreur charpentier acquiert l’église pour y développer un projet unique : faire de ce joyau du patrimoine un véritable poumon culturel et économique au sein d’un quartier socialement compliqué. Il y installe son atelier et rénove progressivement l’église avec le soutien de l’association l’Essence et le Sens du lieu qui transmet les gestes professionnels à des jeunes du quartier en décrochage scolaire. Le site devient ensuite Le Phare qui propose d’abord (2013) des animations culturelles variées et ensuite une programmation culturelle (2019). Dernièrement (2020), l’édifice a également ouvert un espace de co-working, de la Cité d'art et métiers et des chambres d'hôtes !

Le Phare-Lab, concept totalement unique, est un laboratoire de réflexion et d’expérimentation sur le devenir d’autres églises désaffectées. En collaboration avec d’autres associations, des écoles d’architectures, il réalise des inventaires des lieux de cultes désaffectés, organise des ateliers d’urbanisme par la confection de maquette, de plan croisés, de réalités virtuelle, propose des réaffectations en lien avec le territoire dans sa globalité !

Amphithéâtre, crèche, épicerie, restaurant, salle d’étude, brasserie, cave à vin, salle de sport, maison de repos, colombarium, école de design, salle d’escalade, école de cirque, etc. , souvent les architectes envisagent des structures réversibles pour garder l’enveloppe cultuelle

Des projets territoriaux

Les reconversions d’édifice peuvent également permettre de développer de nouveaux lieux de rassemblement. C’est le cas de la bibliothèque dans l’ancienne église Saint-Matthew à Québec ou le réfectoire de la maison de repos Sint-Vincentus prend place dans l’ancienne église Saint-Alphonse.

Toujours au Québec, l’ancienne église Sainte-Elisabeth de Warwick accueille conjointement l’oratoire Sainte-Élisabeth-de-Hongrie consacré le 1er novembre 2015 et aménagé dans l’ancien chœur et qui occupe 20 % de la superficie de l’église et l’entreprise La Fromagerie du presbytère qui a racheté et rénové l’édifice pour y installer une salle spécialement conçue pour l’affinage de son fromage et une salle communautaire. Les vendredis d’été, la population est invitée à s’installer sur le site pour se procurer et déguster, dans une ambiance festive, le fromage et divers produits locaux.

Pour tous ces projets, il est important de poser un diagnostique territorial sur l’église et de ses besoins.

C’est le cas de l’étude des  Les conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE ) qui pendant 2 ans ont délimité un territoire laboratoire et ont étudié 42 édifices : position urbaine et paysagère état technique et sanitaire, fréquentation, atout et défaut de ces églises…

La première phase avait pour objectif de ‘comprendre pour mieux agir’ à travers des Colloques, des expositions et des films.  Chacune des 42 églises a fait l’objet d’une étude technique de diagnostic et d’une fiche récapitulative et très claire comme ici avec l’église Saint-Etienne d’Arnaville (Meurthe-et-Moselle, France) ! Cette base documentaire permet ensuite de sélectionner des églises pouvant accueillir des projets à plus long terme.

Ensuite, une méthodologie en trois temps est développée avec un inventaire des possibilités, des difficultés et des dangers potentiels, la conception de scénarios et enfin le choix du scénario le plus pertinent. Cette étude a abouti à une série de recommandations.

Une autre démarche a été menée pour l’église Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus d’Anzegem (prov. de Flandre-Occidentale) qui a abouti au projet  de créer une cantine pour les deux écoles situées à proximité de l’édifice.

Finalement, peu importe si le projet aboutit à un simple réaménagement ou à une redéfinition fondamentale de l’affectation, l’important est que le projet s’adapte aux spécificités propres au lieu, au contexte, …

Conclusion

Maintenir toutes les églises de notre territoire uniquement affectées au culte n’est ni réaliste, ni tenable. Ce patrimoine est dès à présent à réinventer. Pour se faire, il va falloir mettre sur la table des projets réalistes, participatifs, basés sur une bonne étude diagnostique à l’échelle du territoire. Avant d’envisager la désacralisation totale, une des pistes est certainement la multiplication des affectations dans le respect des lieux et des usagers qui permet de cumuler les sources de financement.  Ce travail devra être mené avec des professionnels. Par essence, ces lieux de rassemblement peuvent créer un réseau entre les acteurs culturels, cultuels et sociaux.  

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